Il faut pousser la porte et s’aventurer dans les locaux de la rue Abbé-de-l’Épée pour comprendre ce qui se joue derrière les murs de la Philomathique. Dans les ateliers, la volonté reste la même depuis sa création : apprendre, transmettre, fabriquer. Deux siècles après sa création, l’institution bordelaise entend continuer à faire vivre cette culture du geste.
Créées dans le sillage du siècle des Lumières, les Philomathiques étaient alors des sociétés savantes destinées à diffuser les connaissances, les sciences et les techniques. Dès 1838, celle de Bordeaux propose ses premiers cours professionnels gratuits aux adultes de la classe ouvrière. Son histoire est ensuite intimement liée à son bâtiment construit en 1869 grâce au legs de Charles Fieffé, dont le buste trône fièrement dans l’entrée.

Charles Fieffé, négociant et adjoint au maire de Bordeaux a légué l’équivalent de deux millions d’euros pour la construction de la Philomathique en 1859. © Nathalie Vallez
Reconversion et création d’entreprise
En ce mois de septembre 2026, 110 apprenants ont fait leur rentrée (les promos ont pu monter jusqu’à 150). Ils ont en moyenne 40 ans et ne correspondent pas vraiment à l’image traditionnelle de l’élève en formation professionnelle. Architectes, cadres RH, communicants, professionnels de la santé ou ingénieurs dans un projet de reconversion et de création d’entreprise artisanale. Un nouveau public apparaît également : de jeunes diplômés de master, issus du digital, du graphisme ou de la communication, qui choisissent à leur tour la voie de l’artisanat. Avec une motivation très contemporaine : la crainte de voir leur métier bouleversé par l’IA, qui viennent chercher ici le rapport direct à la matière et la maîtri…