Couverture du journal du 03/12/2021 Consulter le journal

[ Gironde ] Réouverture des restaurants, les terrasses font le plein

Déjà plusieurs semaines depuis la réouverture des terrasses en demi-jauge le 19 mai, puis en totalité, et demi-jauge à l’intérieur depuis le 9 juin. Et le public est au rendez-vous. Laurent Tournier, président de l’UMIH 33*, fait le point sur ce moment tant attendu.

Restaurant Bordeaux

© Shutterstock - Stefanovic Min

*L’UMIH (Union des Métiers des Industries de l’Hôtellerie) est une organisation patronale qui représente, défend et promeut les professionnels indépendants de l’hôtellerie, de la restauration, des bars, des cafés, des brasseries, du monde de la nuit et des professions saisonnières, dans toutes les régions et départements de France. Sa section girondine, l’UMIH 33, compte environ 1 000 adhérents, soit un tiers des professionnels du département.

Échos Judiciaires Girondins : La réouverture des restaurants est visiblement un succès…

Laurent Tournier : « Ceux qui ont eu la possibilité de rouvrir dès le 19 mai, l’ont fait. Certains y ont renoncé car ils avaient une terrasse trop petite pour être rentable. Mais 70 % à 80 % des restaurants qui en avaient la possibilité ont rouvert. La commission du mardi, initiée par l’ancienne municipalité et reconduite par la nouvelle, a permis de traiter toutes les demandes. Elle a permis à un certain nombre de restaurateurs d’étendre leur terrasse existante lorsque la configuration le permettait, en occupant des places de parking, des trottoirs… Les terrasses accordées lors du premier déconfinement ont aussi été reconduites. Finalement, à l’exception d’un ou deux cas, il n’y a pas eu besoin de médiation. »

Laurent Tournier

Laurent Tournier © D. R.

Dès la réouverture, il y a eu l’effet « Waouh ! »

EJG : Et pour la seconde phase du déconfinement, depuis le 9 juin ?

Laurent Tournier : « 95 % des restaurants sont ouverts. Les rares à ne pas l’avoir fait sont de très petits établissements qui ne peuvent assumer une demi-jauge, comme dans le vieux Bordeaux, à Saint-Michel… Notre rendez-vous hebdomadaire avec la préfète a permis d’établir qu’à de rares exceptions, le couvre-feu est globalement bien respecté. Dès la réouverture, il y a eu l’effet « Waouh ! » puis, avec les turbulences de la météo, ça a peu chuté. Le seconde phase a redonné un coup de boost. Le couvre-feu à 23 h a changé radicalement le service du soir. Fermer à 21 h, c’était vraiment compliqué, il fallait prendre des réservations dès 18 h/18 h 30. »

EJG : Quelles sont les perspectives pour la suite ?

Laurent Tournier : « On a hâte d’être au 30 juin, peut-être sans couvre-feu ? Les boîtes de nuit sont les seuls établissements à n’avoir aucune visibilité. Y aura-t-il une annonce au moment de la Fête de la Musique ? On l’espère. Si c’est le cas, ce sera encadré et jaugé. Depuis le début de cette crise nous voulons montrer qu’il est bénéfique de nous intégrer dans ces dispositifs plutôt que de nous en exclure ! »

EJG : Vous avez d’autres sujets en pourparlers ?

Laurent Tournier : « Lors des réunions hebdomadaires avec la préfète et l’ensemble des chambres consulaires, nous abordons toutes sortes de sujets : les PGE, le chômage partiel. On sent qu’on est à notre écoute et nous travaillons main dans la main. Dès septembre, le modèle sera élargi avec des cellules d’accompagnement de sortie de crise avec les experts-comptables, les banques et les différents acteurs économiques. Actuellement, nous travaillons sur la problématique du recrutement (cf. encadré). Il y a aussi l’actualité immédiate : l’organisation de l’Euro, la présence d’écrans, les rassemblements, la Fête de la Musique. Il faut adapter les dispositifs de l’État. »

BISTROT DES EMPLOYEURS : MODE D’EMPLOI

Fort de son succès lors des précédentes éditions, le Bistrot des Employeurs a repris du service pour ce mois de juin. Son objectif : Faciliter le recrutement de main d’œuvre pour les cafés, bars et restaurants en organisant des rencontres. Lors de ces rendez-vous hebdomadaires, organisés par la CCI Bordeaux Gironde, avec le concours de l’UMIH 33 et de Pôle Emploi, (ainsi que de la Mairie de Bordeaux et de la Métropole), les entreprises ont la possibilité de rencontrer dans un cadre convivial différents candidats motivés en face à face. Des Chantiers de la Garonne à KFC, ils étaient une vingtaine d’employeurs dès le 1er lundi à rechercher la perle rare. « Je recherche des saisonniers », commente Jean-Luc Olivier, directeur de la brasserie Le Miroir, « plusieurs personnes de mon ancien staff se sont reconverties. J’ai les clients, maintenant j’ai besoin de serveuses et de serveurs ! ». La CCI estime que 79 % des établissements rencontrent des difficultés à recruter du personnel. Lors des précédentes éditions, plus de 1 000 CV avaient été déposés et 66 % des contrats étaient en CDI.
www.bordeauxgironde.cci.fr