« J’ai eu deux vies, j’en aurai bien une troisième ! » Après des études de droit et de sciences politiques, Sophie Brocas a entamé une carrière de journaliste. D’abord en presse locale à Pau, puis elle a créé sa propre agence de presse à Paris. « Ce qui m’a attirée dans le journalisme, c’est la diversité des sujets et les rencontres. C’est pour la même raison que j’ai choisi le corps préfectoral. »
Cabinets présidentiel et ministériel
Ainsi, au bout de 13 ans d’activité intense, elle passe et réussit le concours de l’ENA. « C’est là qu’a commencé ma deuxième vie et je n’ai jamais regretté ! » D’abord nommée sous-préfète en Charente, elle entame une carrière assez classique, alternant les postes en territorial et en administration centrale. Elle passe aussi par les cabinets ministériel ou présidentiel, d’abord conseillère de François Hollande à l’Élysée et par la suite conseillère spéciale d’Élisabeth Borne à la transition écologique. Elle obtient son premier poste de préfète et secrétaire générale de Paris en 2014, préfète de Région Centre-Val de Loire et du Loiret en 2023, et enfin de la région Nouvelle-Aquitaine et de la Gironde en 2026. Une carrière chargée, ponctuée de l’écriture de cinq romans.
Bien qu’elle soit originaire du Sud-Ouest (des Landes), elle découvre le territoire. « Le temps de prise de poste dure plusieurs mois », remarque-t-elle. Il faut appréhender les dossiers, apprécier la technicité des enjeux, rencontrer les acteurs. « Et puis c’est un grand territoire avec 12 départements, j’avais l’ambition de les découvrir tous d’ici la fin de l’année mais certaines visites ont été repoussées en raison des contraintes d’urgence. »
Zone de défense et de sécurité
Elle découvre également sa nouvelle fonction de préfète de zone de défense et de sécurité. « C’est nouveau pour moi. On me sollicite pour des interventions, des mises en relations ou la coordination de dossiers. » Une mission qu’elle juge « très intéressante » dans une région exposée à des risques multiples qu’ils soient naturels ou industriels. « Cela permet également d’augmenter notre résilience face à des menaces hybrides qui se multiplient et nous fragilisent », continue-t-elle. Si elle apprécie tout particulièrement ce travail « d’équipe et d’équipage », elle trouve plus difficile le poids des contraintes professionnelles, la masse de travail qui grignote toutes les plages de liberté.
Et de conclure : « C’est un noble métier mais très exigeant sur le plan personnel ».