« Bordeaux est l’une des métropoles où la cyclologistique s’est le plus développée en France », assure Margherita Alessandrini, directrice déléguée de l’association Les Boîtes à Vélo France qui a organisé, en septembre, le forum de la cyclologistique à Bordeaux. Et de citer Les Triporteurs français, La Poste, Pickup courrier, l’Atelier Remuménage ou encore Coursier.fr. Selon une étude dévoilée au printemps, la ville de Bordeaux accueillait sept cyclologisticiens et deux cyclo-composteurs pour 130 livreurs et collecteurs en équivalent temps plein qui livraient quotidiennement entre 5 000 et 10 000 unités de manutention.
Territoire favorable
Si le territoire est favorable au développement de la cyclologistique, c’est notamment parce que la zone urbaine y est dense et que la ville est confrontée à des problèmes de congestion, sachant que 97 000 livraisons ou enlèvements de marchandises sont réalisés chaque jour dans la métropole. À cela s’ajoute l’annonce en octobre 2025 de nouvelles restrictions en centre-ville de Bordeaux. Les camions ont désormais jusqu’à 11h pour livrer.
De quoi finir de convaincre le transporteur DPD de passer au vélo pour la livraison du dernier kilomètre via son partenaire BA Aquitaine qui a fait l’acquisition de ses premiers vélos. « Les colis que nous transportons sont lourds et nous n’avons pas de foncier en hypercentre mais nous avons réussi », se félicite Hakim Jenahi, responsable d’exploitation Bordeaux de DPD. Les vélos partent en tournée depuis Bordeaux Lac et sont déployés en fonction du volume à distribuer, sachant que seuls les flux à destination des particuliers sont livrés à vélo, ce qui représente entre 400 et 500 colis par jour.
Fin de ColisActiv’
De son côté, Pickup Courrier qui dispose de 30 vélos et de 4 véhicules pour la livraison du dernier kilomètre, distribue 3 500 colis par jour et annonce une activité en hausse. « En 2025, l’entreprise bordelaise a transporté 23 000 colis pour DHL et nous devrions atteindre les 80 000 fin 2026 », témoigne Matthieu Fernandez, responsable secteur de DHL. Dans ce contexte, la dirigeante de Pickup Courrier, qui est passé par une période de redressement judiciaire, recherche un nouveau local, à proximité de celui dont elle dispose déjà près des Capucins, mais ne se dit pas intéressée par le micro hub mis en place aux Quinconces par la Métropole qui s’apprête à l’agrandir après un test concluant avec un premier opérateur.
Seule ombre au tableau pour Chirine Chatila : la fin en décembre 2025 de ColisActiv’, un programme français d’aide financière qui soutenait le développement de la cyclologistique grâce à des primes pour chaque colis livré.