« Le bambou qui est une herbe à croissance rapide est une culture rentable, peu sensible aux maladies et aux aléas climatiques » fait valoir Horizom. Créée en 2022, l’entreprise bordelaise qui compte 14 collaborateurs a l’ambition de développer la filière du bambou en France et se positionne de l’amont à l’aval. Horizom dispose d’une pépinière de 7 hectares dans les Landes et développe des plantations en partenariat avec des investisseurs et des agriculteurs qui cherchent à se diversifier, principalement des agriculteurs en grande culture. « La volatilité dans les prix, les aléas climatiques, la dépendance aux intrants et à l’énergie pousse les agriculteurs à aller vers des modèles d’exploitation plus diversifiés », explique Christophe Downey, directeur général d’Horizom.

Créée en 2022, Horizom emploie 14 personnes à Bordeaux. © Horizom
Dans le cadre de ces projets, Horizom récolte ensuite la matière, l’achète aux agriculteurs et l’oriente vers des industriels. C’est ainsi qu’elle a récemment signé un premier partenariat avec Fiboo dans les Hauts-de-France. Cette ressource, très similaire aux plaquettes forestières, servira principalement à fabriquer des panneaux isolants destinés à la construction et à la réhabilitation de bâtiments. « Avec le bambou, nous pouvons nous insérer sur toute la filière du bois industriel. C’est un végétal très intéressant », souligne Christophe Downey.
Souveraineté
Le bambou a toutefois des détracteurs et Horizom des arguments pour le défendre. « Le bambou est efficace pour séquestrer du carbone » et il est « une alternative aux forêts sous tension », explique Christophe Downey. Par ailleurs, « plutôt qu’invasif, nous préférons le terme expansif et nous savons le maîtriser », insiste Christophe Downey qui précise cultiver le bambou en agroécologie.
Le bambou est un végétal très intéressant
À ce stade, Horizom a développé 460 hectares de culture de bambou, mais pas encore en Gironde. « Des viticulteurs s’y intéressent mais les parcelles sont plutôt petites. À l’inverse, dans les Landes, il y a beaucoup de surfaces en maïs avec des agriculteurs qui veulent faire évoluer leur production. » Objectif : atteindre les 50 000 hectares à horizon 2050. « Mais cela fera du bambou une petite filière », prévient-il. Horizom, n’a pas vocation à remplacer les cultures alimentaires. « En développant des diversifications comme le bambou, cela contribue à notre souveraineté alimentaire dans le sens où les exploitations se trouvent renforcées », argumente plutôt Christophe Downey.

Christophe Downey, cofondateur et directeur général d’Horizom © Horizom