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[ Entreprendre en couple ] Maison Faber Lascombes : additionner les forces

Nicolas Lascombes et Stessy Faber dirigent ensemble les restaurants de la Maison Faber Lascombes depuis 2015.

MAISON FABER LASCOMBES

Nicolas Lascombes et Stessy Faber, dirigeants de Maison Faber Lascombes © Atelier Gallien - Echos Judiciaires Girondins

L’entreprise est plus forte », assure le restaurateur bordelais Nicolas Lascombes. Avec Stessy Faber, ils ont fait le choix de s’associer dans la vie professionnelle et personnelle. Tout commence en 2006 lorsque Nicolas Lascombes crée son tout premier restaurant : le Bouchon bordelais, suivi en 2008 de la Brasserie bordelaise. Les premiers succès du restaurateur aiguisent son appétit d’entreprendre : la Maison Faber Lascombes est née. En 2015, Stessy Faber, qui partage son goût pour le challenge, le rejoint dans l’aventure. Aujourd’hui, le groupe compte 10 restaurants, 150 employés annuels, et a bouclé l’année 2022 avec un chiffre d’affaires de 13,3 millions d’euros.

ÊTRE COMPLÉMENTAIRES

Entreprendre en couple nécessite organisation et rigueur. « Le risque, c’est de faire deux fois le travail », avertit Nicolas Lascombes. Les deux associés ont chacun leurs domaines d’expertise mais continuent de se consulter pour les décisions importantes. « Cela permet d’avoir un deuxième avis, et comme on se fait confiance, on sait que l’autre a une vision juste », développe Stessy Faber. Pour Nicolas Lascombes, il n’y a pas l’ombre d’un doute : ensemble, ils peuvent couvrir plus de terrain.

« On est plus efficace que 1 + 1, on va plus vite », argumente-t-il. Moins impulsives, plus équilibrées, réfléchies à deux : selon les deux gérants, les décisions prises sont plus efficaces depuis qu’ils travaillent ensemble.

Nos partenaires financiers nous pensent plus fiables

Pour le Bordelais, le fait d’entreprendre en couple n’a en rien refroidi les investisseurs : « justement ça nous a aidés quand Stessy est arrivée, ça a rassuré nos partenaires ». Ils expliquent cela par leur complémentarité : Nicolas Lascombes fonctionne à l’instinct, et Stessy Faber est plus réfléchie. “Ça nous a permis de développer l’entreprise et de la sécuriser, nos partenaires nous pensent plus fiables et je pense qu’ils ont raison”, révèle le co-gérant. Les deux compagnons restent conscients des risques : si pour des raisons personnelles, ils ne peuvent plus travailler ensemble, cela freinera la société. “Ce sont les plus et les moins que nos partenaires évaluent, pour l’instant, ils ont confiance dans notre tandem”, signifient-ils.

UN PACTE DU DERNIER VIVANT

Pour se protéger juridiquement, Nicolas Lascombes et Stessy Faber ont choisi le transfert de part sociale. “Si on se sépare, chacun a ses parts, le fonctionnement sera plus compliqué mais on ne sera pas obligé de vendre”, argumente l’associé. Ils ont aussi fait le choix d’un pacte du dernier vivant : si l’un des deux décèdent, l’autre deviendrait automatiquement gérant du groupe.

il est impossible de déconnecter à 100 %

Au rang des difficultés à entreprendre en couple, le duo évoque aussi la difficulté à déconnecter en rentrant à la maison. Mais les deux gérants essaient de ne pas tomber dans l’excès. “Quand vous avez deux trajectoires complètement différentes, dans des lieux complètement différents, vous devez vous raconter votre semaine quand arrive le week-end. Là, c’est déjà fait et au moins, on est dans le même bain, il me semble que c’est plus facile”, nuance Nicolas Lascombes. Pour Stessy Faber, il reste important de marquer des temps de pause « sinon on devient mauvais”. “Mais quand on part en vacances, le téléphone nous accompagne, il est impossible de déconnecter à 100 % lorsqu’on est entrepreneur”, conclut-elle.