Couverture du journal du 06/06/2024 Le nouveau magazine

Modèles iconiques au MusBA

La photographe et plasticienne Valérie Belin présente Les visions silencieuses des séries grand format produites ces 30 dernières années, jusqu'à fin octobre au MusBA.

© F.Deval

C’est une artiste plasticienne et photographe française contemporaine qui est mise à l’honneur pour la nouvelle exposition du Musée des Beaux-Arts de Bordeaux. Avec Les visions silencieuses, le MusBA expose plus d’une centaine de photographies produites par Valérie Belin ces 30 dernières années.

À la Galerie, ses dernières séries de 3 à 6 photos sont exposées au rez-de-chaussée : des modèles féminins, sortes de baby dolls fantasmées ou mannequins de vitrines, sur fonds de BD ou de comics (All Star – 2016), de motifs géographiques (Super Models – 2015) ou de fleurs (Black Eyed Senses – 2010) jusqu’à sa plus récente série Lady Stardust datant de 2023.

À travers cette large sélection d’œuvres, c’est tout l’univers de l’artiste qui se découvre. Ces êtres imaginaires semblent à la fois réels et irréels. Les mannequins en celluloïd semblent plus animés d’émotions que les modèles vivants à la pose figée et au regard lointain.

Masques effrayants

La couleur semble avoir déserté le 1er étage avec des Bodybuilders (1999) aux corps huilés mis en valeur par de forts contrastes. Dans la série Moteurs, les différentes pièces semblent prêtes à prendre vie alors que les Modèles II (2006) semblent inanimés tout comme les Métisses II affichent d’étranges yeux aux bleus et verts flashy perdus dans le vague.

D’autres natures mortes sont à découvrir telles que ces Robes (1996) anciennes exposées dans leur boîte qui évoque presque un cercueil. Et que dire de cette collection de Masques (1994) effrayants ?

Beauté glaciale

L’exposition se poursuit dans la collection permanente du musée avec Correspondances et jeux de miroirs. Valérie Belin présente 11 photographies issues de différentes séries réalisées entre 1996 et 2022 qui viennent dialoguer avec les collections de peinture. Ainsi, le portrait de Marie de Médicis, peint en 1631 par Anton van Dyck, le regard hautain et l’allure austère, dans la tradition des portraits d’apparat, avec pour seule lumière celle d’un ciel nuageux, dialogue avec une des mannequins de la série China Girls (2018), à la beauté glaciale en noir et blanc, qui se tient agenouillée telle une geisha, tandis que le décorum baroque renvoie à la vanité et l’opulence.

Valérie Belin, Les visions silencieuses, en partenariat avec la galerie Nathalie Obadia, jusqu’au 28 octobre au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux.

Ces êtres imaginaires semblent à la fois réels et irréels