Couverture du journal du 17/07/2024 Le nouveau magazine

Quanteec : l’épreuve des Jeux olympiques

BORDEAUX. La technologie de Quanteec, qui permet d’alléger l’utilisation des serveurs dans le cadre du streaming vidéo, en faisant de chaque spectateur un rediffuseur, a été sélectionnée par France TV pour équiper ses lecteurs médias. Avec comme première épreuve l’absorption des pics d’audience lors des Jeux de Paris.

Enseignant-chercheur en informatique à l’Université de Bordeaux, Daniel NÉGRU est un spécialiste des protocoles de steaming vidéo. © Quanteec

« Nous sommes prêts et impatients de relever le défi des Jeux olympiques sur les plateformes de France TV », s’enthousiasme Daniel Négru, CEO de Quanteec. La start-up bordelaise créée en 2021 par Daniel Négru, son frère Marius (COO) et Mathias Lacaud (CTO) a été choisie par France Télévisions pour équiper l’ensemble de ses plateformes de diffusion de vidéos avec comme première épreuve, les Jeux olympiques de Paris.

L’intérêt de la technologie Quanteec est en effet d’améliorer les performances du streaming vidéo, tout en offrant des économies d’énergie et de coût. « Aujourd’hui, la technologie de streaming est fondée sur le déploiement de serveurs. Plus il y a de spectateurs, plus il faut de serveurs, en particulier lorsqu’il y a des pics d’audience », rappelle Daniel Négru. Qui cible plus particulièrement les événements sportifs, d’actualité ou les épisodes très attendus de séries. « Notre technologie peer-to-peer répond à cette problématique car plus il y a de spectateurs, moins il y a besoin de serveurs, chaque utilisateur devenant un serveur pour les autres », explique-t-il.

En absorbant ces pics d’audience, Quanteec est ainsi capable de décharger l’utilisation des serveurs jusqu’à 90 %, en améliorant la qualité des vidéos, démultipliant les économies d’énergie (jusqu’à -55 %) et abaissant les coûts pour les diffuseurs (minimum -25 %). Rémunéré sur le même modèle que les fournisseurs de serveurs, qui facturent le nombre de téraoctets de données sortis chaque mois, Quanteec propose un prix divisé par deux.

Décarbonation du streaming

Pour profiter des avantages de cette technologie, les diffuseurs n’ont qu’à intégrer la librairie Quanteec dans leurs lecteurs vidéos. Puis l’algorithme multicritère développé par cette équipe de spécialistes du streaming issus de l’université de Bordeaux gère la qualité des flux, la latence, la décharge serveur ou encore la consommation d’énergie. « Nous continuons d’améliorer régulièrement notre algorithme pour supporter la publicité, les contraintes de sécurité, les nouveaux réseaux (télécoms ou d’entreprise…), etc. », précise Daniel Négru, qui emploie une équipe d’une petite dizaine de personnes qu’il espère agrandir cette année.

Le spectateur, lui, profite d’une meilleure qualité de diffusion, tout en participant aux économies d’énergie. « Il n’y a rien à faire à part choisir une application équipée de notre technologie. Elle n’a besoin que de 1 % du processeur des appareils (smartphone, tablette, ordinateur, télévision connectée…) pour ne pas en impacter l’utilisation. Nous aimerions engager tout le monde dans cette démarche de bon sens, y compris l’utilisateur final, pour qu’il milite pour notre solution. Nous sommes engagés en tant que porte-drapeau de cet esprit de décarbonation du streaming », assure-t-il.

Sport, tourisme et corporate

Quanteec a déjà convaincu les 3 plus gros acteurs du marché de la webcam de tourisme, dont Viewsurf, plateforme sur laquelle se connectent simultanément les voyageurs en quête de neige dans les stations de ski, de houle sur l’océan ou souhaitant éviter les bouchons sur la route des vacances. Et dont les caméras étaient braquées sur Notre-Dame de Paris lorsque s’est déclaré l’incendie de la cathédrale en 2019. La technologie bordelaise équipe également les players de chaînes locales françaises et a signé un contrat avec SportAll, qui diffuse les images des fédérations françaises de sport automobile, d’athlétisme, de lutte…

Quanteec est également intégré aux lecteurs vidéos de l’un des leaders canadiens de la diffusion de sport, « dont les images sont regardées partout dans le monde », se targue Daniel Négru. Mais aussi des diffuseurs d’Europe de l’Ouest, d’Europe de l’Est et devrait se déployer prochainement en Amérique du Sud, avant de conquérir les États-Unis, « où nous avons beaucoup de prospects », dévoile-t-il. « Nous nous développons aussi sur le segment du corporate, dans le cadre de webinars ou de grandes assemblées, via des entreprises qui fournissent les plateformes de captation et de streaming aux entreprises, telles que L’Oréal par exemple ».

Visibilité

Le contrat signé pour 4 ans avec France Télévisions, qui commence avec les Jeux olympiques, et se poursuivra avec « le Tour de France, le Tournoi des 6 Nations, d’autres événements sportifs, des séries, des jeux TV… devrait nous apporter de la visibilité », estime Daniel Négru, qui vise des pics d’audience d’un million de spectateurs.

Il espère ainsi faire perdurer l’indépendance de l’entreprise, dont la plupart des concurrentes ont été rachetées par Google, Microsoft et autres fournisseurs de serveurs. « Nous ne sommes pas en concurrence avec eux, nous sommes complémentaires. Nous améliorons leur fonctionnement en les déchargeant et les optimisant », gage-t-il.

Après les JO, Quanteec sera fixé sur ses besoins financiers. « Nous verrons alors si nous avons besoin de lever des fonds », confie Daniel Négru.

Quanteec, Daniel Négru

« Le streaming vidéo représente 65 % des données qui circulent sur internet à chaque instant », estime Daniel Négru. © Quanteec

« Avec notre technologie peer-to-peer, plus il y a de spectateurs, moins il y a besoin de serveurs »