[ Tendances Vins ] Désalcoolisation du vin : entre désir et réalité

Portés par des consommateurs plus attentifs à leur santé, à leur consommation d’alcool et à de nouveaux modes de vie, les vins désalcoolisés connaissent aujourd’hui un essor spectaculaire. Entre innovation technologique, évolution des goûts et préservation de l’identité du vin, les vins désalcoolisés ouvrent clairement un nouveau chapitre de l’histoire viticole. Pour autant, le process de désalcoolisation n’est pas neutre. Explications.

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Wine Paris, février 2026. Le plus grand salon mondial du vin inaugurait pour la première fois une section entière consacrée aux vins (et spiritueux) sans alcool. Le thème sous-jacent interrogeait : le « sans alcool » est-il l’allié ou le concurrent des vins et spiritueux ?

Car le marché des vins sans alcool entame en France une phase décisive, dont la troisième édition du baromètre Moderato met en lumière la dynamique. Loin d’un épiphénomène lié à la tendance bien-être, les vins sans alcool deviennent un segment qui s’installe, amené à transformer durablement les usages de consommation. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 52 % des consommateurs de vin déclarent s’y intéresser, 24 % se disent même « très intéressés » (extrait : Terre de vins – Frédérique Hermine – 1er janvier 2026).

Des vins plus alcoolisés

Le mouvement est mondial et l’alcool est « pointé du doigt ». Selon une étude réalisée par la société Nielsen, les consommateurs britanniques consomment des vins beaucoup plus alcoolisés qu’il y a dix ans, du fait de l’accroissement du degré alcoolique des vins présents sur le marché. Les vins corsés, d’Australie ou d’Amérique du Sud en particulier, peuvent titrer jusqu’à 15 % vol.

Il est indubitable que le degré d’alcool dans les vins s’est élevé. Cependant, accuser le seul dérèglement climatique serait aller « un peu vite en besogne ». Ce sont surtout les consommateurs des générations baby-boomers puis les « X » (1965 à 1980) qui ont orienté les vignerons vers la production de vins plus démonstratifs, y compris donc en alcool.

Pour les « boomers » qui avaient connu des vins à 12 degrés d’alcool, l’arrivée de vins plus riches en alcool était souvent perçue comme un signe de qualité supérieure. Pour la génération X première génération à basc…

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