[ Portrait ] Bordeaux : Clara Furlan, négociatrice d’avenir

Responsable des affaires publiques pour l’entreprise girondine HDF Energy, Clara Furlan s’apprête à décoller pour Washington où elle représentera la France du 11 au 14 août à l’occasion du sommet des jeunes leaders Y20.

Clara Furlan

La Bordelaise Clara Furlan va représenter la France au Y20 qui se tiendra à Washington du 6 au 14 août. © Adrien Thibault

Quand elle évoque les enjeux environnementaux, on comprend tout de suite l’intérêt de Clara Furlan pour les équilibres à bâtir et les intérêts à rapprocher. À moins de trente ans, cette Bordelaise a déjà fait de la négociation son domaine d’expertise. Cette année, elle siège aux sommets du Y7 et du Y20, où de jeunes leaders portent leurs propositions politiques en amont du G7 et du G20.

Lobbying

Après sa scolarité à Bordeaux, Clara Furlan a poursuivi ses études à EM Lyon Business School. Elle s’y spécialise en négociation internationale avec un penchant pour l’énergie et environnement. Une orientation qui relève d’une conviction personnelle profonde. « L’énergie est partout dans notre quotidien, défend-elle. J’avais envie de comprendre comment ce secteur peut accompagner la transition climatique sans renoncer aux besoins de nos sociétés. »

En 2021, elle effectue un premier stage chez HDF Energy, entreprise girondine qui développe des infrastructures d’hydrogène, en charge de projets internationaux. Elle rejoint ensuite le ministère de la Transition écologique où elle travaille sur les dossiers énergie et environnement liés au G7 et au G20. L’expérience lui apprend le fonctionnement des négociations internationales et la manière dont se construisent les politiques publiques.

Elle poursuit son parcours à Bruxelles dans un cabinet de lobbying et accompagne des entreprises du secteur énergétique. Ce parcours, volontairement construit entre secteur privé, institutions publiques et représentation d’intérêts, lui donne une lecture globale des enjeux énergétiques.

Décarbonation

Forte de ces expériences, Clara Furlan revient chez HDF Energy, dont l’usine est implantée à Blanquefort, en 2024. Elle est désormais responsable des affaires publiques et des partenariats internationaux, et représente l’entreprise auprès des ministères, de la Commission européenne, des ambassades et des organismes publics.

Son rôle consiste à démontrer que les projets développés par HDF répondent à des objectifs d’intérêt général, qu’il s’agisse de décarboner la production d’électricité ou d’accompagner la transition des transports. « Mon travail consiste à trouver les points de convergence entre les besoins des pouvoirs publics et les solutions que nous développons. »

Y20 en août à Washington

Cette logique trouve un prolongement dans un engagement personnel. Sélectionnée parmi plus de 300 candidats, Clara Furlan représente cette année la jeunesse française au Y7 et au Y20. Elle a présidé les travaux consacrés aux crises écologiques au Y7 et conduira, cet été à Washington, les discussions françaises sur les questions énergétiques au Y20.

Menée bénévolement en parallèle de son activité professionnelle, cette mission mobilise son temps libre. Négociations, consultations d’experts, rédaction de propositions communes : elle y voit une continuité naturelle avec son métier. Dans un monde où les différentes crises s’entrecroisent, elle croit à la capacité de faire dialoguer des acteurs qui ne parlent pas toujours le même langage. Portée par ses convictions, elle souligne : « Je considère que les jeunes ont des solutions pour construire les solutions de demain ».

À mots découverts

Votre dernier coup de cœur : Les derniers jours du parti socialiste d’Aurélien Bellanger, cet essai fait le parallèle entre l’évolution d’un parti et l’apparition des extrêmes. Il montre les coulisses du monde politique, comment sont prises les décisions et leurs implications sur nos vies.

Votre cantine bordelaise : J’aime beaucoup aller au café Horace. C’est un endroit paisible, accueillant, lumineux, j’aime y passer du temps. Et la cuisine est excellente.

Votre meilleur spot girondin : Le Cap-Ferret, pour me balader au bord de l’océan, me ressourcer. C’est là que me viennent des idées.

Une figure girondine qui compte : Michel Montaigne parce que ses textes montrent bien que la connaissance et la compréhension des situations permettent d’apaiser la violence. Il a beaucoup compté dans le rayonnement de Bordeaux.

Votre prochain projet : M’investir dans la formation des jeunes et leur faire connaître les instances dans lesquelles ils peuvent s’impliquer. La jeunesse doit être actrice de son avenir.

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