C’est à l’université de droit à Assas qu’il a découvert le droit public, « passionnant », enseigné par René Chapus. Après Sciences Po Paris, en section service public, puis l’ENA, promotion Condorcet, un stage à la préfecture du Mans lui permet de réaliser : « Je ne voulais pas être dans la réaction immédiate, mais dans l’étude et la réflexion. » Olivier Couvert-Castéra rejoint alors le tribunal administratif de Versailles, apprécie la rigueur juridique ainsi que la collégialité, « s’écouter et se convaincre ».
En 1995, il quitte pourtant la juridiction pour huit années d’expérience qui vont considérablement élargir son horizon. Il rejoint d’abord le cabinet du garde des Sceaux, où il suit les questions de droit public, mais aussi de réformes de l’État, de droit constitutionnel et de relations internationales. « J’ai découvert de l’intérieur le fonctionnement d’une administration centrale et de l’appareil de l’État. » Il devient ensuite expert détaché auprès de la Commission européenne, travaillant notamment sur les questions environnementales. Puis il passe trois ans à la Cour de Justice européenne, à Luxembourg, comme membre du cabinet d’un juge italien. « La spécificité est que le français est, pour des raisons historiques, la langue officielle », s’amuse-t-il.
Règle de droit
En 2003, il revient au tribunal administratif de Versailles. « On encourage les magistrats administratifs à enrichir leur expérience en faisant des choses diverses et variées. Mais c’était le bon moment pour revenir en juridiction » Il traite alors des contentieux dans quatre chambres et devient rapporteur public. En 2008, il est nommé président assesseur, d’abord à Nancy puis à Paris. Il apprécie particulièrement le travail en appel : « Ça me plaît beaucoup intellectuellement, l’idée d’avoir un dossier qui a déjà été jugé par un tribunal. » Car il ne s’agit pas seulement, selon lui, de rejuger une affaire, mais aussi de « fixer une règle de droit », les cours ayant également une fonction jurisprudentielle.
La suite de son parcours est jalonnée de responsabilités : président de chambre à Nancy, puis président des tribunaux administratifs de Nancy et de Lille. En 2019, il prend la tête de la cour administrative d’appel de Nantes, avant de rejoindre Bordeaux six ans plus tard.
Géographie des contentieux
Si Nantes et Bordeaux présentent des effectifs et un volume d’affaires comparables, les dossiers diffèrent. « Il y a une géographie des contentieux », souligne-t-il. La cour bordelaise traite notamment les affaires concernant les territoires ultramarins et de nombreux contentieux environnementaux. Il apprécie tout particulièrement « de créer les meilleures conditions pour que toutes les personnes de la cour puissent travailler de manière efficace et agréable. »
Organisation, management, qualité de la production jurisprudentielle et respect des délais constituent son quotidien. Il est aussi l’un des ambassadeurs de la cour auprès des partenaires (barreau, université…). Olivier Couvert-Castéra a ainsi construit un parcours où chaque expérience semble avoir nourri la suivante. Une diversité qu’il revendique comme une richesse dans l’exercice de ses fonctions.
À mots découverts
Votre dernier coup de cœur : Je n’avais jamais lu l’œuvre de François Mauriac. Au salon du livre ancien, j’ai acheté ses œuvres complètes. Je viens de terminer Préséances, un roman qui date de 1921. Il livre un portrait satirique de la bourgeoisie bordelaise, qu’il nomme « l’aristocratie du bouchon », c’est féroce et bienveillant à la fois.
Votre cantine bordelaise : Je n’ai pas vraiment de lieu de prédilection mais si je devais citer une spécialité culinaire ce serait le poisson à la bordelaise
Votre meilleur spot girondin : J’ai découvert le Cap-Ferret, c’est un endroit magnifique, entre Bassin et océan.
Un lieu culturel à découvrir : Le musée d’Aquitaine, d’une richesse incroyable, met en valeur le passé romain de Burdigala. Je préfère les musées d’histoire aux musées d’art.
Une figure girondine : En parallèle de Mauriac, je vais me plonger dans l’œuvre de Montesquieu.
Votre prochain projet : Pour la nuit du droit, qui a lieu le 4 octobre, nous organisons un procès fictif dans la chambre d’audience où l’on va faire plaider des étudiants.