Centrale nucléaire du Blayais : au cœur du réacteur

BRAUD-ET-SAINT-LOUIS. En service depuis 1981, la centrale nucléaire du Blayais fournit la moitié de la consommation électrique annuelle de la Nouvelle-Aquitaine. Partie pour fonctionner jusqu’à ses 80 ans, elle devra subir une série d’améliorations déjà en cours, dans le cadre du Grand Carénage, mais aussi d’adaptations au changement climatique. Avant de progressivement laisser sa place à la nouvelle génération d’EPR2, pour laquelle la candidature du site a été déposée. Verdict attendu fin 2026.

Centrale nucléaire du Blayais, Charlotte Maes

Bâtiment réacteur de la centrale nucléaire du Blayais. © Louis Piquemil / Échos Judiciaires Girondins

Du haut de ses 45 ans, avec ses quatre réacteurs de 900 MW, elle produit chaque année la moitié de l’électricité consommée en Nouvelle-Aquitaine, avec 23 TWh en 2025. Elle emploie près de 2 500 personnes sur site (dont 1 500 salariés EDF) et au total, 5 600 emplois directs, indirects et induits dépendent d’elle, selon l’Insee et la CCI Bordeaux-Gironde.

Elle génère des retombées économiques annuelles estimées à 403 millions d’euros pour le département. Elle fait l’objet d’un investissement annuel de 300 millions d’euros de la part d’EDF, sans compter le milliard d’euros supplémentaire déployé sur dix ans (2020-2029) dans le cadre du vaste programme de rénovation et de modernisation de ses installations, le Grand Carénage.

Et elle est idéalement située au bord de l’estuaire de la Gironde, dont elle pompe 42 m3 d’eau par seconde pour alimenter ses circuits de refroidissement.

Maintenance

La centrale nucléaire du Blayais vient de terminer les cinquièmes visites décennales de l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), qui ont consisté à vérifier les cuves contenant le combustible, les circuits de refroidissement primaires et l’étanchéité du réacteur. Elle a obtenu l’autorisation de poursuivre son activité jusqu’à ses 60 ans. Et prévoit d’être exploitée jusqu’à ses 80 ans.

« La révision de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), décidée en 2023 par Macron, nous a fortement impactés. Le parc nucléaire sera fermé progressivement pour laisser la place aux EPR2, mais à une échéance beaucoup plus lointaine que prévu. Cette perspective va transformer notre approche de la maintenance : nous n’allons pas faire du maintien en l’état, mais de la rénovation complète et de la modernisation », explique Charlotte Maes, directrice de la centrale du Blayais depuis 2022.

« Cela signifie qu’au moment des sixièmes visites décennales, il y aura à nouveau des investissements très importants à prévoir. Ce sera un deuxième Grand Carénage », annonce-t-elle.

Centrale nucléaire du Blayais, Charlotte Maes

Charlotte Maes, directrice de la centrale du Blayais © Louis Piquemil / Échos Judiciaires Girondins

Visites partielles

En attendant, le Grand Carénage, lancé en 2020 pour rénover et moderniser le Blayais, tout comme l’ont été l’ensemble des 57 réacteurs des 19 centrales françaises, mais également pour tenir compte du retour d’expérience de la catastrophe de Fukushima, est aujourd’hui à la moitié de son déroulement.

Si les prochaines visites décennales reprendront en 2031, dès la rentrée de septembre 2026 débutent les visites partielles, avec le deuxième lot de transformations du Grand Carénage. « Ces arrêts de tranche (la tranche correspondant au réacteur, à son bâtiment combustible et à la salle des machines associée, NDLR) seront presque aussi volumineux qu’une visite décennale. Mais nous allons essayer d’être de retour sur le réseau dès le mois de novembre », indique Charlotte Maes.

Chaque intervention programmée fait l’objet d’une préparation millimétrée, permettant d’en réduire la durée. « La division production nucléaire d’EDF a largement progressé dans la maîtrise des durées d’arrêt de tranche, qui sont de véritables projets industriels menés avec nos partenaires, durant lesquels nous procédons à une série d’opérations : déchargement du combustible, opérations de maintenance, rechargement, redémarrage », décrit la directrice de la centrale.

Centrale nucléaire du Blayais, Charlotte Maes

La station de pompage de l’eau de l’estuaire fonctionne en permanence pour alim…

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