Couverture du journal du 18/09/2020 Consulter le journal

Immobilier d’entreprises, Bordeaux-Centre à la peine

Alors que le marché des bureaux reste stable,les commerces de l’hyper centre de l’agglomération bordelaise connaissent une légère baisse. Parallèlement aux grands projets, le secteur ouest continue d’attirer les entreprises.

Expansion du marché à Mérignac, commerces dans l’hyper centre en légère baisse et secteur ouest de l’agglomération principal bassin d’emplois : trois spécialistes de l’immobilier d’entreprise on fait le point sur les perspectives du marché bordelais. Rodolphe de Malet, président de Cushman & Wakefield Bordeaux (spécialisé dans l’immobilier d’entreprise), Éric Guillemin, directeur associé Colliers Bordeaux (Conseil en immobilier d’entreprise) et Antoine Amant, directeur du développement de BureauxLocaux (plateforme spécialisée dans l’immobilier professionnel) ont présenté une étude sur le marché de l’immobilier d’entreprise. Datée du 5 juin, elle concerne les ventes et locations des commerces, bureaux et entrepôts dans l’agglomération bordelaise. Premier constat : les ventes ne constituent que 22 % des transactions, alors que les locations 78 %. Le marché est constitué de 40 % de bureaux, 25 % de commerces, 23 % de locaux divers et 11 % d’entrepôts. « 58 % des bureaux font moins de 300 m2 », remarque Antoine Amant, « ce qui montre le poids des TPE/PME dans l’agglomération. » Cependant, les grandes surfaces de plus de 1 000 m2 augmentent. Les zones les plus demandées restent le centre-ville de Bordeaux où le loyer moyen augmente de 9,4 %, les Chartrons, Mérignac (+ 1,4 %) et Pessac (+ 2 %). « On remarque dans le secteur ouest de grands bassins d’emploi dont le développement se poursuit », observe Antoine Amant. Et l’effet Covid dans tout ça ? « Peut-être allons-nous vers davantage de flexibilité », analyse Rodolphe de Malet, qui a tout de même précisé que le télétravail, s’il s’était bien passé sur le plan technique, n’était pas pour autant un choix mais un acte contraint. « Le bureau reste un lieu de sociabilité, ce sont les limites du télétravail car beaucoup de salariés se sont sentis très seuls. Il y aura beaucoup d’audits en interne à la rentrée sur les rendus d’expérience. »

Une baisse due aux Gilets Jaunes et au confinement

Pour le directeur de Cushman & Wakefield, le marché est stable et serein, bien que l’offre soit un peu vieillissante, les prix maîtrisés et le taux de vacance stable. Cependant, on observe une première tendance baissière sur les commerces avec – 6 % sur les loyers. « La zone la plus impactée est le centre-ville de Bordeaux », a estimé Rodolphe de Malet, « cela s’explique par l’effet conjugué du confinement et du mouvement des Gilets Jaunes. » On entre ainsi selon lui dans une période de négociation assez rude avec « des partenariats bailleur/preneur très importants pour trouver un consensus ». Dans ce contexte, quelles perspectives pour le marché bordelais ? 

Éric Guillemin a insisté sur les projets qui vont dynamiser la ville : la 3e voie de la rocade qui va apporter de la fluidité, l’extension des lignes de tram, sans oublier la nouvelle ligne qui amènera à l’aéroport, la rue bordelaise, longue de 600 mètres et riche de 30 000 m2 de locaux à vendre, dont la livraison est prévue pour la fin 2024, qui reliera la gare aux quais. Les projets phares restent Euratlantique qui attend beaucoup de livraisons pour 2021 et les Bassins à flot qui ont attiré nombre d’entreprises numériques et d’enseignement supérieur. Sans oublier le développement du secteur ouest avec l’Aéroparc à Mérignac et l’Aérocampus à Pessac. Pour Rodolphe de Malet, la revitalisation de certaines zones telles que les Grands Hommes, Saint-Christoly ou encore la place Gambetta sont indispensables ; « les nouveaux quartiers ont aussi besoin que les points névralgiques et
marchés historiques retrouvent leur dynamique ».