Derrière les vitres de la salle blanche de 90 m2 à l’atmosphère contrôlée, une douzaine de personnes en blouses blanches s’affairent sur leur paillasse, une loupe vissée à l’œil. Ce ne sont pas des chimistes, mais des horlogers, qui manipulent de minuscules pièces de montres de luxe avec leurs outils. « Pouvoir les observer fait partie des choses que nos clients apprécient », assure Stefen Martinot, cofondateur du Pôle Horloger.
Avec Florian Fonta, ils ont lancé cet atelier de réparation de montres en 2021, après dix années à la tête d’une petite entreprise d’achat-revente de montres d’occasion. « Au début, nous faisions appel à des horlogers indépendants. Puis nous avons rencontré Jean-Louis Strack, horloger girondin agréé Omega et basé à Mérignac. Nous avons racheté son atelier en 2023 avec un objectif : changer les codes de l’horlogerie », affichent les deux amis. Pour « révolutionner » un secteur où règnent « une certaine opacité et une culture du secret », constate Florian Fonta, Le Pôle Horloger prend le contre-pied en développant « une culture de la transparence ».

© Louis Piquemil – Echos Judiciaires Girondins
Transparence
« Nous avons créé un site internet sur lequel nous mettons à la disposition de nos clients de la traçabilité et du suivi. Ils ont accès en temps réel, avec des photos, au contrôle-réception de leur montre, aux commentaires et au diagnostic approfondi réalisé par nos horlogers, puis au devis détaillé, qu’ils peuvent accepter ou refuser. Et enfin au suivi de la réparation ou de la révision, étape par étape », détaille Stefen Martinot. Dans certains cas particuliers, comme celui de cette montre Richard Mille d’une valeur de 250 000 euros, le démontage des 300 pièces a même été filmé, puis monté en vidéo time-lapse et mis à la disposition de son propriétaire.
C’est aussi une façon pour l’entreprise de se protéger. « Notre travail est garanti, cela nous évite certains retours. Nous sommes les seuls à faire cela en Europe. Nous avons des retours très positifs de nos clients qui sont souvent des passionnés de montres et apprécient énormément cette transparence et cette digitalisation », assure Florian Fonta. Ancien responsable qualité chez Ariane Group, il s’est inspiré des process qualité de l’industrie de pointe pour le Pôle Horloger.

© Louis Piquemil – Echos Judiciaires Girondins
Agréments
Afin de pouvoir commander les pièces nécessaires à la réparation des montres, l’entreprise a dû obtenir l’agrément des marques. Pour cela, il a fallu acheter de nombreuses machines telles qu’une soudeuse laser, différentes polisseuses, des simulateurs de portée, des nettoyeuses ou récemment une graveuse laser, pour personnaliser les montres.
À l’exception de Rolex qui ne fournit plus de pièces en direct aux réparateurs et passe uniquement pas les revendeurs agréés, mais qui pèse 20 % de l’activité de l’atelier, Le Pôle Horloger dispose de l’agrément de la plupart des grandes marques, telles que Cartier, Breitling, Omega ou encore Vulcain, dont il est centre de référence européen. Mais aussi de marques comme Festina ou Seiko. « Nous avons tout un réseau de fournisseurs spécialisés partout en Europe. Et pour les montres…